Économies d’électricité : oui mais comment ?

Nous avons déjà cherché à faire des économies sur l’électricité : voici des chiffres sur la consommation réelle.

La répartition est la suivante, pour la moyenne des foyers français en 2008 :

Dépenses de base (considérées comme essentielles) :

  • Chauffage – 50%
  • Eau chaude – 17 %
  • Éclairage – 4%

Dépenses électroménager (29%)

  • Réfrigérateur + Congélateur : 10 %
  • Lave-vaisselle 5%
  • Sèche Linge 5%
  • TV / Audiovisuel 4%
  • Lave-linge 3%
  • Autres 2%

La différence entre escompté et réel

Si nous comparons ces dépenses mesurées, avec celles attendues, il est aisé de reconnaître les domaines sur lesquelles les français font en général trop de consommation électrique : les gros électroménagers assez anciens et énergivores (vieux frigo, congélateurs plein de givres, lave et sèche linges mal remplis ou de faible capacité). Globalement, ce sont ceux dont nous avons déjà parlé.


Maintenant, il ne faut pas perdre de vue que ces consommations sont mineures : 29% au total. Si elles sont pointées du doigt par les pouvoirs publics, c’est parce que leur coût pour la collectivité est très élevé : oh non pas les frigos, dont la consommation est constante, mais tous les appareils à usage variable comme l’informatique et les machines ; leur usage, de plus, a tendance à se faire en soirée, là où le pic de consommation se produit déjà à cause du froid, du retour à la maison de certains pendant que les bureaux et usines sont encore occupés.

Parce que l’électricité ne peut pas être stockée, les pics de charges coûtent très cher : ils nécessitent des centrales à charbon, à allumage rapide, mais au coût prohibitif et très polluantes. L’industrie électrique, du fait des monopoles nationaux, est encore l’une des seules qui permet d’avoir un coût fixe, indépendant de la loi de l’offre et de la demande. Nous avons d’ailleurs même fait une étude sur rentables.fr, prouvant qu’il est souvent plus intéressant de rester au tarif base, sans heures creuses et heures pleines : c’est dire si la loi de l’offre et de la demande n’est pas respectée. Cette tarification est un non-sens écologique ET économique (mais à rentables, nous veillons sur votre porte-monnaie avant tout).

Les meilleures économies

En fait, le gisement d’économie énorme se trouve du côté du chauffage : avec 67% de la consommation entre le chauffage et l’eau chaude combinée, c’est une gouffre financier pour la plupart des familles. Pourtant, ce qui est très décevant, c’est que le passage à une maison BBC permettra seulement de diviser par 4 cette consommation. De sorte que votre consommation électrique globale baisse de moitié, et que chauffage et eau chaude ne représentent plus que 33% du montant de votre facture.

Super.. pourtant, vous n’économiserez, en moyenne, rien. Ce n’est pas un calcul exact, mais, pour un ménage moyen vivant en maison, l’économie sera de 750 euros par an. Avec une durée des équipements BBC de 20 ans, et un prix d’achat de 15000 euros.. l’investissement est tout juste remboursé lorsque votre dispositif tombe en panne…

Là en fait, la vrai économie est ailleurs :

  • D’abord, personnellement, vous aurez du confort, et le gain se fera tout de même à la revente, car votre maison restera plus agréable et moins coûteuse que toutes les anciennes.
  • Surtout, la collectivité va économiser car votre « consommation électrique » lors de la construction est fixe : et ensuite votre consommation additionnelle, lors des pics de froids, sera réduite. Ainsi, moins de pics, et moins de centrales à charbon.

Voilà pourquoi le gouvernement peut sponsoriser les travaux de rénovations énergétiques : le gain pour EDF, donc l’état, sera réel. La vraie écologie n’est donc pas là où on le croit : l’éolien ou les autres énergies soi-disant écolos, dont la production est intermittente, imposent d’avoir encore plus de source d’énergies de pointe. Elles ne peuvent don pas encore remplacer les énergies fossiles.

La conclusion économique : le meilleur rapport qualité prix pour une isolation individuelle, se situe au niveau des normes de 2005. Si votre maison n’atteint pas ces normes au niveau chauffage et eau chaude, faites les travaux.

 

2 thoughts on “Économies d’électricité : oui mais comment ?”

  1. Je suis d’accord que beaucoup de technologies associées au BBC/RT2012 sont assez peu pertinentes, mon préféré étant le chauffe eau thermodynamique, où comment transformer un bête réservoir d’eau et une résistance, avec une durée de vie phénoménale en machine de guerre qui demandera un entretien régulier (contrat annuel ?), qui risque d’avoir des pannes (beaucoup d’électronique) et qui ressemble un peu à « perfectionnons la bougie » plutôt qu’une réelle avancée. Hors de France on trouve par exemple des chauffe-eau instantanés, qui ont l’avantage de ne pas devoir maintenir en permanence de l’eau chaude (stupide en été) mais qui ont l’inconvénient opposé pour EDF : ça tire très très fort du courant sur une période courte. Donc à l’heure de la douche du matin en hiver, EDF ne doit pas aimer… donc c’est le genre de produits qu’on trouve très très peu en France.
    Du côté du solaire c’est d’un basique hallucinant, mais le marché a été repris sur le même principe : faire des installations complexes et tarabiscotées, avec contrat d’entretien annuel, … du coup l’intérêt financier est faible pour une bonne partie de la France (nord et zones peu ensoleillées). Il y a des coins d’Europe du sud où depuis longtemps ils ont des systèmes simples et quasiment sans entretien. Ca tourne des décennies sans entretien… nous on n’aime pas, allez comprendre !

    Même chose pour les VMC, pour l’instant on est dans les débuts des double flux « grand public ». Les tarifs sont encore stratosphériques par rapport à la simplicité du concept. A l’heure où on intègre un GPS ou un écran full HD dans un smartphone à 500 euros, faire une boite en polystyrène avec un ventilateur et une grille métallique pour 2000 euros c’est une pure insulte. Les professionnels manquent aussi beaucoup de formation dans le domaine. Je ne compte plus les histoires d’étanchéité qui amène à détremper toute la laine de verre de l’isolation, les boites de raccordement électriques « étanches » percées au cutter avec des trous de 2cm de diamètre pour passer 1 câble de 8mm…

    Malgré tout je ne peux m’empêcher que c’est une direction dans laquelle on doit aller, ne serait-ce parce que le secteur du bâtiment à 1 siècle de retard technologiquement parlant et qu’on consomme de l’énergie (fossile notamment) pour que dalle. Il y a aussi le confort, l’hiver c’est évident, mais aussi l’été dans les régions du sud. C’est sympa d’avoir une maison un poil régulée où il fait relativement bon sans chauffer mais aussi où on ne crève pas de chaud l’été sans pour autant devoir allumer une clim (froid, hygrométrie, disparité de températures…)
    Bref il faudra quelques années (je table pour après la RT2020) pour qu’on commence à avoir assez de recul pour faire des projets immobiliers pertinents de bout en bout et non pas juste « conformes à la réglementation ». On ne veut pas tous vivre dans des thermos, on veut des solutions durables, fiables et qui ne coûtent pas aussi cher que les économies promises (contrats d’entretien, consommation électrique annuelle du système…).

    Allez, petite expérience personnelle dans un appartement récent pas trop mal isolé et bien orienté dans une zone plutôt sud de la France :
    – l’hiver : couper les entrées d’air de la VMC (simple flux), notamment pour garder la chaleur le soir et la nuit, aérer ensuite copieusement le matin ou fin de matinée quand le soleil tape, monitorer l’humidité de la pièce. Coût : 0 €, bilan : 0 problème d’humidité. Il faut juste surveiller la condensation aux lieux de ponts thermiques (fenêtres, « trou » d’isolation dans une cloison…) les jours où il fait très humide mais sinon RAS.
    – l’été : même principe à l’envers : boucher les arrivées d’air des fenêtres pour éviter de faire rentrer l’air chaud dans la journée, ouvrir massivement les fenêtres le soir et la nuit quand la température extérieure passe en dessous de la température intérieur. Bilan : nickel
    Conclusion de l’expérimentation (attention, c’est valable pour mon appart / ma situation géographique) : plutôt qu’un système de VMC qui tourne 24h/24 365j/an (conso électrique non négligeable) et qui risque de mettre un paquet de calories/euros dehors, il serait plus intelligent d’avoir un système de grilles motorisées sur les fenêtres et que le tout (moteur de VMC inclus) réagisse à 2/3 capteurs basiques de température/hygrométrie. En matos et câblage il y en aurait pour une centaine d’euros et niveau entretien c’est zéro… mais ça serait trop simple… donc ça n’existe pas.

    Ainsi de suite… mais je répète : c’est quand même aller dans une bonne direction, attendons juste que le marché se stabilise sur certaines solutions qui donnent de bons résultats. Et avec les obligations des RT, le matos performant va se démocratiser et les prix baisser… ce qui devrait rendre ces systèmes plus rentables… mais ça risque de prendre du temps.

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