Bourse : investir juste avant une nouvelle ?

Le très bon site de « Recorded Future » (une société qui analyse les infos parlant du futur et cherche à les corréler avec leur effets sur la vie réelle), a livré en 2011 une étude intéressante sur les rendements des actions de la bourse avant une nouvelle.

Contrairement à d’autres sites qui reprennent les informations telles quelles, nous allons essayer, dans la lignée des placements qui complètent la méthode Piotroski, d’aller au fond des études.


Constitution de l’échantillon

20 000 évènements sur des société du S&P500 (indice américain). Ces évènements peuvent être des dates de sortie de produits, des annonces de résultats, bref tout évènement précisément daté.

Sur ces 20 000, 16 000 ne concernaient pas des résultats financiers. 4 000 étaient des résultats financiers (« earnings calls »).

 

Période de collection

2009 et 2010

Méthode de calcul

Variation du cours de l’action concernée par la nouvelle, sur les 5 jours avant et après la « future nouvelle », ajustée de la variation du marché. Pour suivre cette méthode, on aura donc intérêt à couvrir sa position avec un turbo PUT sur l’indice.

 

Résultats

L’étude montre au global une petite augmentation dans les jours précédant la nouvelle, et une légère baisse ensuite.

En fait, si on découpe selon le type de nouvelles, c’est encore plus étonnant :

  • Pour les résultats financiers, de J-4 à J, le cours gagne environ 0.25% ! Il les reperd ensuite intégralement !
  • Pour les autres nouvelles, le cours est stable avant l’évènement, mais perd environ 0.10 dans les 5 jours qui suivent !

Le plus intéressant est que pour les résultats financiers, il y a peu de cours en baisse juste avant !

 

Pourquoi « acheter la rumeur » ?

Les raisons et explications de ces mouvements sont inconnues. L’étude montre que le volume augmente significativement avant les résultats : l’augmentation est égale à 3x la volatilité de volume normale, (écart type?), il y a donc une spéculation, le plus souvent positive, qui va ensuite se dégonfler). Rappelons que l’étude étant corrigée des variations de marché, que la période soit 2009-2010 ne change rien.

On peut donc dire que, pour une société à résultat trimestriel, on peut capter 4 x 0.25% sur 16 jours, soit un gain annualisé d’environ 16%. C’est pas mal du tout.

 

Réserves

Reste à voir si l’étude est universelle, ce qui est probable. Et à trouver le pourquoi, probablement que c’est dans la nature humaine de plutôt être « plus positif que d’habitude » juste avant des résultats. Il serait intéressant de voir si le chiffre de « sur achat » est stable au cours des 24 mois de l’étude.

Je vous propose de faire le test sur les résultats 2010 ou 2011 du CAC 40


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