Attention aux placements qui brillent trop

Il y a des placements qui promettent monts et merveilles.. mais il faut se méfier de la structure juridique et du montage, encore plus que de la solidité des revenus, qui est parfois réelle.

Un exemple précis

Les « life settlement funds » qu’on pourrait traduire en français par « Fonds de transmission d’assurance vie ».

Le principe est qu’un investisseur rachète à un prix fixé par des tables de calculs, l’assurance vie d’une personne en mauvaise santté. Cette personne, qui a besoin de liquidités, préfère toucher seulement une petite partie de son AV, en échange de son dénouement avant sa mort.

L’investisseur amène le capital « décôté » et à la mort réelle du souscripteur, l’investisseur touche son assurance vie à sa place. Séduisante sur le papier. De plus les risques sont mutualisés par de la titrisation, donc si par hasard le mourant survit plus que prévu, ca n’impacte pas trop le rendement.

 

En gros et en schématisant, pour avoir un rendement de 0% au lieu de 10%, il faudrait que tous les mourants survivent 6 ans au lieu de 3 prévus. Le rendement est bon car il vient directement de la table de calcul de mortalité, et à moins d’une découverte scientifique fulgurante et dans un délai très court, il est probable que cete mortalité varie peu. D’ailleurs, la plupart des facteurs non maitrisés (guerres, épidémies, malbouffes, ..) tournent à l’avantage de l’investisseur. Bon an mal an, crise ou pas crise, on peut donc espérer un rendement de l’ordre de 10%. Génial ! où est donc le problème ?

 

Le problème

Et bien ce sont les intermédiaires qui s’en mettent plein les poches (sur ce type de produit, plusieurs pourcents annuels à eux tous) et qui ne sont pas solides. Le site belge Tests-achats raconte comment la société Quality Investments a blousé des milliers d’investisseurs belges.

 

Le risque de ce placement n’est donc ni dans les malades, ni pour l’intermédiaire, la mort étant plus ou moins certaine. Non, il est dans l’intermédiaire lui-même ! Tests-achats raconte que « Un des intervenants dans le montage, un réassureur établi au Costa Rica, est soupçonné de fraude à grande échelle par les autorités américaines. Du coup, c’est tout le montage qui risque de s’écrouler et si les investisseurs n’ont pas encore perdu leur mise, on est bien loin désormais des promesses initiales de sécurité. Il ne s’agit du reste pas du premier couac pour ce type d’investissements puisque Easy Life Investments avait déjà connu une faillite retentissante en 2008. »

 

La subtilité est que le fonds d’investissement demandait le statut d’investisseur qualifié, et donc, il avait moins de règles prudentielles à respecter.. 

Un seul mot : gardez l’oeil ouvert, et le bon.



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