IOTA, la nouvelle monnaie des objets connectés

Pour continuer cette série d’articles sur les nouvelles cryptomonnaies, nous allons étudier cette fois-ci le IOTA.

Cette nouvelle monnaie est vraiment à part dans la galaxie des crypto-monnaies : c’est la 1ère à être « blockchain-less », c’est à dire à ne pas utiliser la technologie de blockchain pour les transactions. C’est une monnaie techniquement avancée : ainsi, Sergey Ivancheglo, un des 4 cofondateurs du iota, était dès 2010 l’inventeur de l’algorithme « Proof of Stake » (PoS), bien connu dans le monde des crypto-monnaies.

Cette monnaie a surpris tout le monde : son ICO en 2015 s’était bien passée mais personne ne s’attendait à ce que le 13 juin 2017, lors de son introduction sur la bourse Bitfinex, elle devienne directement la 6e plus grosse capitalisation des crypto-monnaies ! Son marché valait alors 1.5 milliards de $.

Développé depuis 2015 par des experts des crypto-monnaies, le IOTA, comme toutes ces monnaies, s’est cherché une identité. Pour le coup, la sienne est assez développée.

IOTA, pour les objets connectés

Toute l’identité du IOTA est centrée sur les objets connectés, comme son nom l’indique (IoT = internet des objets) :

  • Basé sur le DAG : le DAG est la technologie qui « remplace » la blockchain pour lister et valider les transactions
  • Gratuit : par design, le IOTA permet des transaction sans frais, puisqu’il n’y a pas besoin de résoudre une preuve cryptographique pour valider des transactions
  • Pas de mineurs : pas de blockchain implique pas de « minage ». En conséquence la monnaie est plus stable, car ce genre de spéculateurs ne viennent pas polluer la monnaie
  • Écologique : pas besoin de serveurs faisant du minage, donc beaucoup moins de consommation d’énergie pour faire tourner le système
  • Scalable : comme il n’y a pas besoin de mineurs, il n’y pas non plus de limitation du nombre de transactions pouvant être validées par secondes : cela ouvrer la porte à une utilisation massive

Nous allons développer tous ces points.

Tangle

Tangle est le nom du système « ledger » qui fait fonctionner les transactions : c’est lui qui construit et faite vivre le DAG : « Directed Acyclic Graph ». Le DAG est en fait un arbre où chaque transaction nouvelle doit valider deux anciennes transactions, avant de pouvoir s’exécuter. Ainsi c’est l’ensemble des PC des possesseurs de iotas qui valident les transactions. Ce système est très malin car il évite le recours à des « mineurs ». De plus, comme chaque transaction doit avoir 2 « parents », on s’assure que globalement, au minimum, il y a 2x plus de validations que de transactions, donc chaque transaction sera validée au moins deux fois. Cela sans compter que la validation d’une transaction valide implicitement les transactions précédentes de l’arbre : on a un effet « exponentiel » qui permet très vite d’isoler un tricheur.

En effet, le risque dans les crypto monnaies est le « double spending » : un utilisateur essaye d’envoyer deux fois le même argent à deux destinataires différents : ici, le 2e envoi, sera considéré rapidement comme frauduleux, car tous les autres « validateurs » verront que la 1e transaction a déjà le même identifiant de jetons. Le tricheur sera le seul a avoir dit que ses deux transactions sont licites : il sera démasqué.

 

Gratuit

L’utilisation de la Tangle est gratuite car il n’y a pas besoin de rémunérer des mineurs. Du coup, cela permet des micro transactions en centimes d’euros, pour de tous petits services, chose qui est impossible avec n’importe quelle plateforme basée sur la blockchain, où les frais deviennent exorbitants.

Cette différence fondamentale crée la valeur du Iota : toute société voulant pouvoir récupérer des micro paiements sans des frais de folie, est (actuellement) obligée de passer par le iota.

 

Pas de mineurs

Si cela est directement lié au fait d’être gratuit, l’absence de mineurs apporte une vraie stabilité à une crypto-monnaie : il en effet à craindre, avec tous les systèmes basés sur blockchain, que plus les récompenses pour le minage vont diminuer, plus les frais de transaction vont augmenter. On le voit déjà sur le bitcoin, avec des frais de transactions déments (ils ont atteint les 4$ sur ce début septembre 2017). Les mineurs alimentent le phénomène de spéculation : on remarque que la valeur d’une monnaie « blockchain » a tendance à s’ajuster sur l’équilibre suivant : les transactions sont validées par bloc : c’est le nombre de transactions qui compte et non leur valeur : cela aboutit à une tarification de la validation, à l’acte, et non en pourcentage du volume. De plus, les mineurs réajustent périodiquement leur « investissement » : si une monnaie baisse trop, la difficulté nécessaire pour miner un bloc est réajustée à la baisse, ce qui la rend plus intéressante que les concurrents. Les crypto monnaies ont donc des valorisations délirantes, basées sur leurs « difficulté de minage ». C’est ainsi que le Bitcoincash s’est stabilisé à une fraction du prix (1/7e ou 1/6e) du prix du Bitcoin : plus bas, il représentait une aubaine pour les mineurs : il se sont rués dessus et l’ont donc fait ré augmenter.

Avec le IOTA, au revoir tout cela, une source de spéculation en moins

Écologique

On ne le dit pas assez, mais le Bitcoin et toutes les monnaies à base de blockchain sont écologiquement stupides : »miner » des blocs coûte cher en électricité. On pollue pour s’échanger de l’argent virtuel, au point que ce qui limite aussi la hausse des monnaies, c’est le prix de l’électricité : il fait monter le prix des transactions, qui doivent au moins payer ce coût d’énergie. En conséquence, il limite le prix, car les frais réduisent la vélocité d’échange de ladite monnaie.

Scalable

En lien avec les prix d’électricité nécessaires pour le minage, le bitcoin a atteint à l’été son niveau de saturation, tant en terme de nombre de transactions par seconde (le réseau « rame » à les valider), qu’en prix de transactions. Imaginer le Bitcoin à 20 000 ou 30 000 $ est donc pour l’instant irréaliste (bien que possible dans un horizon de 2 – 3 ans si la bulle n’explose pas d’ici là en faveur d’un concurrent). Le Iota lui, non limité par le prix de l’électricité, peut assurer un nombre quasiment infini de transactions par seconde, et ainsi rivaliser (au moins en théorie) avec les grands réseaux bancaires comme Visa ou Mastercard. Le bitcoin avec son niveau ridiculement bas (7 transactions par secondes, 7 tps contre 2000 tps pour Visa actuellement, voire plus en période de soldes), n’est pas utilisable dans le monde réel.

Usages

Les usages des iotas dans le monde réel sont sans limites, voici quelques idées :

  • Une borne de recharge de véhicule échange avec le véhicule un message sur le réseau IOTA pour acheter de l’électricité
  • Un serveur sur internet qui vend de son stockage en trop contre quelques iotas.
  • Un fournisseur internet ou société qui revend de sa bande passante inutilisée
  • Une borne de mesure de la température dans ma maison connectée qui, lors de chaque envoi de donnée à Météo France, se fait payer des fractions de iotas : de manière générale, le iota rend possible à l’échelle planétaire la « tarification à l’usage » que pratique Amazon sur ses hébergements.
    • Le iota sera donc la monnaie de choix de tous les fournisseurs de services par internet en à l’usage, dits « SAAS ».
  • Un frigo qui recommande des yaourts et en même temps ait payer cette transactions quelques fractions de iotas.

Tout ces usages ne répondent pas à la question premières que se posent tous les lecteurs de Rentables.fr : faut-il investir dans le IOTA ? quelle sera sa valeur dans quelques années, est-ce un bon plan pour devenir millionnaire ?

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *