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PERP : que faut-il en penser ?

Beaucoup de propos circulent au sujet du PERP.

Pour rappel, il s’agit d’une épargne bloquée jusqu’à la retraite.
Voici une réfutation de quelques propos répandus :

1) Selon Capital.fr, il faut payer beaucoup d’impôts pour que le PERP soit rentable« Par exemple, avec une tranche marginale d’imposition de 30 %, 100 euros versés dans un Perp ne coûte en réalité, compte tenu de l’économie d’impôt, que 70 euros.  » C’est entièrement faux, en effet, la rente servie à la retraite fait partie des revenus imposables et à donc toutes les chances d’être fiscalisée au même taux que le versement.


Le taux d’impôts auquel est soumis la personne l’année de son dépôt n’a quasiment aucune incidence sur la rentabilité du PERP comme on va le voir ci-dessous

2) A l’inverse, certains sites disent que l’avantage fiscal est nul.
Exemple : AFER : http://www.lesbureauxdelepargne.com/afer_transverse/perp.htm
Devenir-rentier : http://www.devenir-rentier.fr/viewtopic.php?id=675

« L’avantage fiscal qui donne une possibilité de déduction de son revenu imposable jusqu’à 23 500 euros, n’est qu’un différé d’imposition puisque la rente est imposable ; c’est un cadeau fait à l’entrée mais repris à la sortie. »
C’est faux, le cadeau n’est pas repris, en fait ces deux erreurs sont des extrémisations de la situation réelle.

Avantage fiscal : réel ou pas ?

Un bon calcul vaut mieux qu’un long discours, aussi le voici.

Soit une personne ayant un TMI à 30% et 100euros après impôts à placer.
Soit un placement sur 30 ans rapportant du 200% (donc le capital triple et cela représente un rendement annuel de 3,73%).

  • Avec une AV
    • L’état avait reçu 42,85 euros sur le salaire avant d’impôts (30% de 142,85 euros).
    • L’épargnant finit avec 300 euros et en redonne 15 (7,5% des PV) à l’état.
    • Bilan net final : 285 euros
  • Avec un PERP
    • L’état renonce à ses 42,85 euros de taxe, il les « prête » à l’épargnant pour qu’ils profitent du même rendement.
    • Au final, l’épargnant a 429 euros. En admettant que le TMI reste à 30%, l’état récupère 129 euros.
    • Bilan net final : 300 euros. L’état : 129.
  • Avec un compte titre ayant le même rendement :
    • Les taxes sont payées chaque année, on ne peut donc pas capitaliser les intérêts composés sur l’impôt (sauf si on ne fait des ventes qu’une fois toutes les x années, improbable sur un CTO)
    • L’argent final sera donc inférieur à (300 euro – 30% de taxe sur 200) = 240 euros.
    • En réalité c’est 100 x (1+0.7×0.0373) ^30 = 216.68
    • Bilan net final : 217 euros

 

Donc à rendement de départ brut égal :

  • NON le PERP ne donne pas un cadeau fiscal de 30%, car, si le TMI de retraite est le même, l’argent est repris en sortie.
  • MAIS il est n’est pas non plus entièrement soumis à l’impôt. En effet l’impôt demandé est « financé » par les intérêts produits par l’argent « prêté » par l’état.
  • Cela signifie que les plus-values sont exonérées totalement d’impôts, contrairement à un compte titre.

Bien sur, il faut savoir si les PERP ne sont pas trop chargés en frais, afin de rester compétitifs par rapport à une AV, et c’est là que le bat blesse. Mais dans l’absolu, un PERP pourrait ajouter environ 15points de rendement sur 30ans (le chiffre dépend bien entendu du nombre d’années et du taux)

Le reste des différences signalées reste vrai, à savoir par rapport à une AV:
– Pas de liquidité avant la retraite sauf de très rares exceptions, principalement le cas du passage au RSA.
– Obligation de choisir le versement en rente.
– Rente forcément jusqu’à la mort, donc très longue et nécessitant un gros capital pour apporter un complément de revenu décent.
– En cas de décès, le PERP n’est transmissible qu’au conjoint et s’éteint avec lui, on ne peut pas en hériter.
– Le rendement des fonds euros est moindre sur les PERP
– Risque d’avoir un TMI plus élevé à la retraite qu’au moment de la cotisation : soit par changement de tranche (exemple : passage à 41% => il ne reste que 253 euros !), soit parce que l’état a augmenté les impôts. Cependant, avec les retraités qui représentent une part de plus en plus importante du corps électoral, il est très peu probable qu’ils soient enpués par les réformes. Je considère aussi improbable qu’un retraité ait plus de revenus en retraite que durant sa vie. En effet à moins d’avoir un gros patrimoine générant une rente, la moyenne des 25 dernières années lisse la somme versée pour la retraite, qui sera donc inférieure à sa dernière année de travail.

– Comme dit Zirk, les versements ne sont pas déductibles à CSG et CRDS, alors que les rentes seront imposées. Ceci dit aucune épargne alternative comme l’AV n’est déductible de la CSG, ce point n’est donc pas un problème spécifique au PERP

– Le taux technique est obligatoirement à zéro. Cela impose d’avoir une rente de départ plus faible, mais avec une revalorisation égale au rendement de l’année du fonds garanti. D’autres rentes comme les Madelin proposent des taux technique à 2,5%, donc en gros la rente de base est 10-20% plus élevée, mais elle progresse à (rdt – 2,5%). Certes, on a + besoin de l’argent à 60 ans qu’à 70, age ou le « taux technique 0 » se met à rapporter plus.
– Pas de concurrence entre assureurs une fois la rente mise en place.

RENDEMENT

Le gros problème du PERP ce sont ses frais. En effet avec en moyenne :
– 2% de frais à l’entrée
– 1% de frais annuels sur les UC et fonds au lieu de 0,6% sur les AV internet, d’où des fonds euros ou des performances action statistiquement 0,4% moins bonnes
– 2% en sortie (en admettant arbitrage gratuit)

Ça fait beaucoup.. Pour calculer l’argent perdu on partira du principe que les fonds euros dans les PERP ont tendanciellement le même rendement que ceux des assurances vies, mais avec une sous performance égale au surcroit de frais.

Soit : au lieu d’avoir 300 euros (100 x 1,0373 puissance 30), on se retrouve avec 98 x 1,0333 puissance30 x 0,98 = 256,59eur
=plus de 14% perdus au total, c’est énorme !! Et le plus gros de la perte vient de la différence de frais annuels (les 0,4) sur une longue période, et non des frais d’entrée ou de sortie.
Il n’y a que très peu de PERP à moins de 0,8% de frais annuels et cela veut tout dire !!
http://www.mes-perp.fr/PDF/ComparatifPERP.pdf
http://www.cofloma.fr/caracteristiques/contrats-perp.php

 

Contrats PERP corrects

Voici le peu de PERP à frais réduits :

  •  frais annuels max de 0,7% :
    • Excellissime PERP
    • PERP MAIF : 0,6% de frais annuels, 4% sur versement, 1 arbitrage gratuit par an (puis 0,6%), 1,5% de frais sur rente, et un fonds euro faiblard (3,05% en 2011)
    • APERF Avenir : seulement 1% sur versements, frais 0,7%, arbitrages gratuits. Frais de rente 1%
    • Epargne Retraite MultiGestion ASAC-FAPES : 0,36 ou 0,6 de frais annuels, 2% de frais d’entrée, 1 seul arbitrage gratuit par an (ensuite 0,45%)

PERP moins pires que la majorité (<1% frais annuel):

  • Conservateur Helios Séléction Perp : 0,08% par mois et arbitrages payants
  • Apicil Perspectives Génération : 4,5% de frais entrée et 0,96% de frais Uc annuels, mais bon fonds euros à 3,94% en 2011 ! 1 seul arbitrage gratuit, ensuite 0,60%. 3% de frais de rente

 

Conclusion

Mieux vaut une bonne assurance-vie plutôt qu’un PERP  ou compte titre pour placer de l’argent pour la retraite. Pour 100 euros investis et après 30 ans:

  • Le Compte titre n’en donne que 217 et il est donc à bannir
  • L’assurance vie donne 285 euros (au pire,sans compter qu’une partie peut être taxée à 0% en sortie)
  • Le PERP est théoriquement  le meilleur mais le surcroit de frais diminue son rendement. Même avec le très bon APERF Avenir, on finit à 285.65 après frais, soit pareil qu’avec une assurance vie mais avec le blocage de l’argent jusqu’à la retraite !

Dans deux cas cependant, l’AV peut être surpassée :

  • Pour un jeune investisseur qui suit une stratégie valeur de type Piotroski ou dividences, le compte titre est adapté
  • Pour une personne à 5-7 ans de la retraite, qui sait que son TMI sera égal ou inférieur, le PERP peut permettre de différer l’impôt. Le faible nombre d’années empêchera les frais de manger tout l’avantage fiscal. Mais le calcul est à faire

3 thoughts on “PERP : que faut-il en penser ?”

  1. Bonsoir,
    « Au final, l’épargnant a 429 euros. En admettant que le TMI reste à 30%, l’état récupère 129 euros. » A mon avis vous oubliez la CSG-CRDS qui a un bel impact.
    Cdt

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