Supermarché, hyper ou superette : analyse économique

En France, pays parmi les plus pessimistes du monde, les médias n’arrêtent pas de nous parler de crise. A force, cela influe sur le comportement des gens ; les dépenses alimentaires, qui ont en valeur relative dans les dépenses d’un ménage, chuté fortement ces dernières décennies, se mettent aussi à chuter en valeur absolue.

Cela est du à plusieurs causes, parmi lesquelles :

  • Une concurrence féroce entre les enseignes de distribution. Contrairement à ce que peuvent laisser penser les reportages des médias, les marges nettes des magasins sont très faibles, souvent au final de seulement  2-3% tous frais déduits. C’est beaucoup moins que dans une entreprise industrielle ou de services : ce qui fait que les commerçants gagnent une somme d’argent respectable, ce n’est pas la marge, mais le volume (le chiffre d’affaires). Compte tenu de cela, la concurrence ne se fait pas sur les marges, mais sur deux autres variables en particulier :
    • les prix d’achats auprès des fournisseurs
    • la réduction du nombre d’employés grâce à l’automatisation et à la rationalisation.
  • Une réduction du volume d’achat des ménages, qui essayent de moins gaspiller, moins se faire plaisir pendant les fêtes, etc.
  • Une réduction de la qualité des achats, avec une part croissante de marques distributeur parmi les achats.
  • Et enfin, une tendance à revenir au commerce de proximité (ce qui évite/limite aussi les achats d’impulsion)

C’est cette dernière tendance que nous allons analyser sous l’angle économique, et vous vous en doutez avec Rentables.fr, cela sera avec des chiffres concrets et solides.


Nos deux variables : distance et prix

Ce qui rend un commerce attractif est à première vue, son prix. Cependant, vous n’allez pas vous déplacer de Paris jusqu’à Rennes ou Nantes pour faire vos courses, sous prétexte que les Leclerc de l’ouest offrent des prix moins chers.. cet exemple extrême montre que le 2e critère de choix est la distance.

Il y a un troisième critère qui est le temps passé : il est étroitement lié à la distance (et à la taille du magasin, car dans de gros hypers il faut 3mn de marche pour revenir aux caisses..). Son importance a tendance à diminuer grâce aux 35h et au fait que les gens sont prêts à perdre du temps pour gagner de l’argent. Mais nous mentionnerons tout de même les écarts sur ce critère

L’art réside donc dans le choix du magasin selon sa distance.

Des chiffres, des chiffres..

C’est vrai, on est sur rentables.fr, pas Lexpress.. Pour se déplacer, nous imaginerons que notre famille imaginaire utilise une voiture de classe C (type Golf). Avec une consommation de 7l/100km et un carburant à 1,29E/l, le carburant revient à 0,09 euros du km. À cela s’ajoutent les frais d’entretien et d’amortissement du véhicule : l’amortissement sera de l’ordre de 300 euros par mois les premières années (mensualisation de la perte de valeur), soit, pour 1500 km parcourus par mois, du 0,20 centimes. L’entretien revient à moins de 3cent du kilomètre (voiture de moins de 5ans) soit un total de 0,32 euros du kilomètres.

Vous pouvez calculer vous-même le TCO de votre voiture, des valeurs entre 20 et 40 centimes du km sont classiques, et elles expliquent la valeur du barème de l’état pour les impôts et les frais kilométriques, qui est dans ces eaux.

Ensuite l’équation dépend de votre distance à chaque magasin et de leur prix.. Nous ferons donc les hypothèses suivantes :

  • à 2km de trouve une supérette, 16% plus chère
  • à 6km un supermarché, 8% plus cher
  • à 14km un hyper, le moins cher des trois (c’est loin d’être toujours le cas ! surtout avec les Géant dans le passé; mais ils ont prix un virage plus discount depuis 2-3 ans)

Prix de revient de l’aller retour au magasin

Nous pouvons alors calculer un prix de revient de l’aller -retour vers chaque magasin :

  • 1,28 euros à la supérette
  • 3,84 euros au supermarché
  • 8,96 euros à l’hyper.

Il faut acheter beaucoup

Ces chiffres surprennent, car nous ne les calculons jamais. Oui, se déplacer coute cher, très cher. Ainsi une plaquette de beurre oubliée, achetée à 1 euros à la supérette du coin, reviendra en fait à plus du double..

Quant au montant de courses à faire pour rendre rentable le déplacement au supermarché ou à l’hyper, il est en fait très élevé. Dans notre exemple, se rendre au supermarché au lieu de la supérette n’est valable qu’au delà de 32 euros. Quand à l’hyper, il devient intéressant à partir de 64 euros.

Ce ne sont que des exemples fictifs, mais ils montrent que dans un cas standard, les montants d’achats à faire pour rentabiliser un déplacement au supermarché ou à l’hyper sont élevés. On pourrait en dire de même pour beaucoup d’autres choix comme celui de la station essence : la moins chère n’est pas forcément la plus économique, selon le détour que vous faites pour y aller.

 Alternative bonus : Picard

Il y a donc une réflexion à engager autour du rythme de vos achats et de leur montants : faut-il aller faire des grosses courses une fois par semaine à l’hyper ? 3 petites ? qu’est ce qui est le plus pratique ?

Ici le temps de déplacement rentre en compte. À une moyenne de 50km/h, plausible pour des banlieusards, moins pour des habitants de centre-ville, le déplacement à l’hyper prend 34mn A/R. Si on part du principe que le temps, c’est de l’argent (ou des loisirs, du temps en famille, etc..), et même à un taux horaire de seulement 10 euros, cela revient à une perte de quasiment 5 euros supplémentaires par rapport à la supérette.. En tenant compte du temps, le montant d’achat de « rentabilité » de l’hyper peut devenir carrément élevé (plus de 100 euros..)

Une solution alternative est donc d’investir dans un bon congélateur, et acheter un maximum de surgelés : pas forcément plus chers que des produits frais (encore que Picard reste une marque chère), ils permettront de réduire d’environ 25% la fréquence de vos déplacements pour des aliments du genre steak haché, nuggets, gâteaux desserts, légumes.. A condition d’aimer le goût..

Faire ses courses alimentaires reste une question personnelle : certains privilégient le gout, d’autres le prix, d’autres encore la proximité.. il faut juste penser à tout prendre en compte dans ses calculs.

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Supermarché, hyper ou superette : analyse économique
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Supermarché, hyper ou superette : analyse économique
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Supérette ou supermarché, hyper ? Tous les formats de commerces alimentaires existent. Pourtant, les français commencer à se détourner des hypers. Et si le magasin le moins cher n'était pas toujours le plus économique ?
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