Comment protéger son investissement de la remontée des taux ?

Les taux d’intérêts sont au plus bas. En fait, lorsqu’on regarde la courbe des taux et de l’inflation, à quelques exceptions près, cela fait 25 ans que cela baisse. C’est un super cycle haussier pour les obligations.

Les taux vont-ils remonter en 2020 ?

En fait, on n’en sait rien du tout. Peut-être que les taux vont se mettre à exploser, à cause d’une crise de confiance généralisée dans la capacité des états à rembourser leur dette. Ou peut-être que nous vivons la même situation que le Japon mais avec 30 ans de retard, et que nous allons donc avoir des taux quasi nul pendant plusieurs décennies.

Il y a tout de même deux éléments qui nous font douter d’un scénario à la Japonaise (pour nous = Europe et USA en fait) :

  1. La démographie occidentale n’est pas du tout la même que celle du Japon. Le solde naturel de population est encore largement positif en occident, alors que le solde naturel du Japon est négatif depuis 2005. Cela crée donc plus de tensions sur l’immobilier (favorise la construction), sur l’éducation (crèches, enseignants).. bref cela soutient la croissance
  2. L’occident reçoit des millions d’immigrés chaque année alors que le Japon reste presque hermétiquement fermé.

L’hypothèse d’une remontée rapide

Dans l’hypothèse d’une remontée rapide des taux, les obligations seraient durement touchées. Selon leur sensibilité, elles pourraient complètement crasher, puisque on estime que la remontée d’un seul pourcent (100 points de base) des taux être la source d’une baisse de 10% des fonds obligataires.

Dans ce cas, la ruée vers des actifs plus sûrs risque d’amplifier la baisse. Ensuite, tout dépend du scénario macro-économique : si le retour de l’inflation est un élément « isolé », sans crise économique ou diplomatique, il « suffira » de se réfugier dans des actions de sociétés peu endettées

Mais le scénario le plus probable est celui d’une contagion à l’ensemble des classes macro-économiques : actions, indices, matières premières, aliments, immobilier, .. tout baisserait de concert.

Dans ce contexte, les conseils les plus répandus ne sont plus utiles :

  • Se réfugier vers des obligations de durée plus courte ? Cela revient quasiment aux fonds monétaires ou à sortir son argent en cash, et il n’est pas dit qu’un crash très violent ne mette pas par terre aussi les fonds à court terme : en effet, un risque systémique pèse sur les émetteurs de ces obligations : les banques. Soumises à de très forts retraits, elles pourraient bien geler les retraits de certains fonds, afin d’éviter la faillite. Ou utiliser ces fonds réputés sûrs, en collatéral pour éponger des pertes sur des fonds obligataires plus risqués de type « high yield ». Bref, ni la liquidité ni la valorisation des obligations court terme ne sont garanties
  • Les autres classes ? Nous avons vu qu’elles seront également touchées

Quelques pistes

Aucun site ne donne de noms de sociétés cotées, d’obligation de certains pays, ou de matières à garder : tout est trop improbable. Voici néanmoins quelques pistes :

  • Les fonds de type « absolute return » : il y en a souvent quelques uns sur les gros contrats d’assurance vie de type Linxea ou Assurancevie.com; Sur le long terme, leur rendement est assez faible, de l’ordre de 1 – 2%. Mais dans des temps troublés, leur capacité à prendre des positions baissières sur les marchés, peut leur permettre d’être performants. Attention tout de même à éviter les fonds à biais positif (qui par construction parient toujours sur une hausse du marché car ils prennent plus de positions acheteuses que de positions vendeuses). Les fonds « market neutral » évitent ce biais. Exemple :
  • Des fonds obligations à taux variables : leur rendement est indexé sur l’inflation. SI l’inflation suit la hausse des taux, la casse sera limitée. Exemple :
  • Investir sur des classes d’actions réputées décorrélées des crash : il n’y en a pas tellement. Bois, vin, cryptomonnaie de paiement (de préférence Bitcoin ou Monero), métaux précieux (or ou palladium).

Notre avis personnel, qui n’est pas un conseil d’investissement, est de réduire la part des obligations dans votre portefeuille en 2020: les taux sont déjà au plus bas donc les bonnes affaires sont derrière nous. Moins de fonds euros et d’obligations, plus de fonds « market neutral » en actions.

Bonne année 2020 !

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